Appuis de l'agence française de développement et du PNUD au Parc Marin de Mohéli

 Tortue marine, Parc marin de Mohéli

Wallah 2, le 30 juin 2015 - Le 30 juin 2015 à Wallah 2, le Comité de Gestion du Parc Marin de Mohéli (PMM) se réunira pour la 2ème fois de l’année. Cette rencontre a pour objet de valider les activités et le budget programme du 2èmesemestre 2015. La spécificité de ce comité réside sur le fait que des sous - projets d’appui aux producteurs de la zone du parc marin ainsi qu’un plan de développement de la pêche seront présentés aux membres du Comité de Gestion pour validation.

 

Ces projets une fois validés pourront être financés sur les subventions que l’Agence Française de Développement a octroyées au Parc Marin de Mohéli.

 

Les appuis financiers de l’AFD au bénéfice du Parc Marin de Mohéli

 

Depuis 2011, et sur demande du Ministère de la Production, de l’Environnement, de l’Energie et de l’Artisanat, l’AFD apporte son appui au développement de la première aire protégée des Comores, le Parc Marin de Mohéli.

 

§  Entre 2012 et 2013, l’AFD a participé au fonctionnement de la Direction du PMM à hauteur de 88 000 000 KMF/179 000 €

 

§  Parallèlement, l’AFD a financé l’étude de faisabilité du projet d’appui au développement du parc marin de Mohéli pour un montant d’environ 53 000 000 KMF/105 970 €

 

§  Juillet 2014, signature d’une convention de financement d’un montant de 1 milliard 476 millions de francs comoriens (3 000 000 €). Cette subvention de l’AFD est destinée à financer un Projet d’Appui au Développement du Parc Marin de Mohéli. Ce financement d’une durée de 3 ans, a pour objectif global de contribuer à la conservation de la biodiversité tant marine que terrestre de l’Union des Comores, en renforçant le Parc Marin de Mohéli dans ses missions de conservation et de développement local.

 

Ce projet s’articule autour de quatre composantes :

 

·        Consolider la gouvernance du Parc.

A travers cette composante il est prévu le renforcement (i) du cadre juridique et institutionnel, (ii) de l’équipe de gestion du Parc en moyens matériels et humains, (iii) de l’éducation environnementale et de la communication à l’échelle nationale et internationale. Par ailleurs des outils performants nécessaires à la gestion, au suivi, au contrôle et à l'évaluation de cette gestion seront développés.

 

Des démarches d’inscription du Parc dans les réseaux internationaux et plus particulièrement le classement de l'île de Mohéli en réserve de biosphère de l'UNESCO seront entreprises.

 

·        Mettre en place un outil de financement pérenne du Parc.

Cette composante vise à identifier des moyens de financement pérenne pour le parc. En particulier il est proposé de monter un Fonds Fiduciaire de Conservation, dont l’étude de faisabilité bénéficiant d’un cofinancement PNUD/AFD va être réalisée dans les prochains mois pour déterminer les caractéristiques et les modalités de mise en place de ce fonds. 

 

·        Préserver la biodiversité marine et terrestre du Parc.

Elle s’organise autour de trois sous objectifs : (i) renforcer la connaissance des éléments de biodiversité du parc ; (ii) mettre en place 11 nouvelles zones de réserve et de gestion spéciale au sein du Parc et (iii) maîtrise des pressions et des menaces sur le parc.

 

·        Engager les communautés dans la protection du parc et accompagner leur développement

Il s’agira de relancer la dynamique villageoise autour de la protection du parc, développer des activités devant générer des revenus à la fois pour les communautés locales et pour le parc, alléger les pressions qui s'exercent sur les ressources des écosystèmes côtiers.

 

Le projet prévoit également un appui au fonctionnement du Parc Marin de Mohéli pour les trois premières années (le Fonds Fiduciaire de Conservation prenant en partie le relais en 4ème année) et inclue un contrat d’opérateur.

 

Il est prévu le recrutement d’une ONG internationale pour appuyer la Direction du Parc Marin dans la mise en œuvre du projet. Le processus est en cours.

 

§  Novembre 2014, un nouvel appui financier d’un montant de 210 000 000 KMF /427 000 € a été accordé au Parc Marin. Cette subvention permet avant le recrutement de l’ONG d’appui à la Direction du PMM de démarrer des activités génératrices de revenus au bénéfice des populations de la zone du Parc. C’est sur cette convention que les sous-projets qui sont présentés pour validation aujourd’hui seront financés.  

 

§  Actuellement une procédure de recrutement d’un bureau d’étude pour la réalisation d’une étude de faisabilité pour la mise en place d’un fond fiduciaire de conservation de la biodiversité aux Comores est en cours. Cette étude sera cofinancée par le PNUD et l’AFD.

 

Appuis techniques et financiers du PNUD au Parc marin de Mohéli : les résultats

 

Pour promouvoir sa biodiversité, l’Union des Comores s’est dotée d’une stratégie nationale et d’un plan d’action en matière de diversité biologique en 2000. Une initiative appuyée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avec la mise en place un an auparavant, du projet « Conservation de la biodiversité et développement durable aux Comores » dont l’un des objectifs consiste à réduire la pauvreté à travers la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. 

 


Celui-ci, cofinancé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM/GEF) et le PNUD à hauteur de 5,9 millions USD a abouti le 19 avril 2001 à la création puis la reconnaissance officielle du Parc marin de Mohéli comme étant la première aire protégée marine de l’Union des Comores. Le PNUD appuie ainsi régulièrement le Parc dans la conservation de sa diversité biodiversité tout en développant et en améliorant les conditions de vie de la population.

 

 Aujourd’hui, côté environnement le Parc marin de Mohéli compte notamment :

-  Plus de 30 000 montées de tortues vertes en 2012, soit une progression constante de 20% qui place le Parc parmi les meilleurs sites de ponte mondiale avec une population à proximité ;

-   10 espèces de dugongs observées en 2012 dont la préservation est primordiale pour la survie de l’espèce ;

-   Des récifs frangeants qui procurent aux 300 pêcheurs traditionnels au moins 350 tonnes de poissons récifaux par an ;

-   Plus de 400 baleines à bosse ;

-   90 % des forêts de mangrove entièrement protégées ;

-   7 îlots, 5 rochers et 2 presqu’îles préservés qui abritent plus d’une centaine d’oiseaux dont 9 en voie de disparition.

 

Côté développement des activités économiques basées sur les ressources naturelles, le Parc et sa communauté a notamment bénéficié de :

-      La mise en place d’un système de participation communautaire à la gestion de l’eau à Siri-Ziroudan (réhabilitation du réseau d’adduction d’eau, équipement de 40% des ménages en compteurs à eau) ;

 

-      La dotation en 4 vedettes motorisées dont une COMA 4 pour la commercialisation inter-île, l’équipement en 4 congélateurs dont 2 congélateurs solaires, et en 20 glaciaires ainsi que l’aménagement d’une chambre froide de deux tonnes au bénéfice du groupement de pêcheurs de Barakani ;

 

-     La promotion d’une technologie adaptée afin de réduire de manière significative la consommation de bois de chauffe incluant la fabrication de foyers améliorés pour les ménages ;

 

-     La formation de 100 jeunes et femmes dans la conservation de l’environnement grâce à l’extension de la « Maison de la tortue » à Itsamia.

 

Depuis 2011, dans le cadre d’une démarche conjointe d’appui au PMM, le PNUD et l’AFD ont  focalisé sur des mesures de pérennisation et d’autonomisation du Parc afin d’en faire un modèle de conservation de la biodiversité unique des Comores et pour le réseau national d’aire protégée en cours de création.

 

Par ailleurs, en vue d’élargir la stratégie globale de développement du Parc marin de Mohéli, deux volontaires du Corps de la Paix spécialisés en biologie marine et écotourisme apportent, à la demande du Système des Nations Unies et des autorités en Union des Comores, leur expertise au Parc. 

 

Une mission conjointe PNUD/AFD est organisée à l’occasion de ce Comité de gestion.  Les deux institutions concourent conjointement et en concertation  à la préservation des aires protégées des Comores et en particulier à la valorisation du Parc Marin de Mohéli.