A propos des Comores

 Plage de Chindini, Ngazidja

L’archipel des Comores, situé dans l’Océan indien, au nord du Canal de Mozambique, est composé de quatre îles, à savoir la Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte.

Etant connu comme l’archipel aux parfums, il jouit d’une beauté remarquable et regorge d’atouts touristiques, dotés d’une faune et flore spécifiques à son caractère insulaire. Les Comores sont, en effet, le pays du jasmin, de la vanille et surtout de l’ylang ylang.

Habitées au 16ème siècle par des bantous, des arabes et indonésiens, ces derniers superposaient des coutumes à la fois africaines et arabo-musulmanes. L’arrivée massive des chiraziens dans l'archipel a permis de mettre en place l'institution des sultanats qui restera le système politique en vigueur jusqu'à la colonisation. 

 

Les défis à relever

 Pêcheurs et leurs pirogues sur la plage d'Itsandra, Ngazidja

La revue à mi-parcours des OMD menée en 2009 a montré que si certaines cibles, notamment celles relatives à l’éducation primaire, à la santé maternelle et infantile, à la lutte contre le VIH/sida, peuvent être atteintes assez aisément, la situation est très difficile pour les autres cibles, en particulier en ce qui concerne celles afférentes à l’OMD 1 sur la pauvreté et la faim et l’OMD 7 sur l’environnement.

 

Classées au169ème rang  avec un Indicateur de développement humain (IDH) de 0.429, les mauvaises performances de l’économie entrainent en effet une baisse continuelle de revenu annuel par habitant et tendent à maintenir un taux élevé de chômage, estimé à 13% de la population active, et aussi beaucoup de sous-emploi. La malnutrition semble gagner du terrain. La proportion d’enfants de moins de 5 ans accusant une insuffisance pondérale stagne à 14% tandis que celle accusant un retard de croissance a augmenté, passant de 21 à 28% entre 1991 et 2008. La proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport calorifique est passé, elle, de 3,5 à 6,4% entre 1991 et 2008.

 

Pour atteindre ces cibles en souffrance, des efforts considérables s’imposent au niveau du pays en vue d’être au rendez vous en 2015, à l’exemple de l’OMD 8 où des avancées nettes notamment au niveau du traitement de la dette avec les différents créanciers en particuliers, la BAD et les membres du Club de Paris, ont été notées. Des avancées également liées à l’accession en 2010, au point de décision de l’IPPTE suite aux bons résultats relevés lors de la 1ère revue de la Facilité Elargie de Crédit, ayant abouti en 2012, à l’atteinte du point d'achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE).

 

Les succès à noter

 Fillette d'Itsamia, Mwali

L’un des grands succès enregistrés par les Comores est l’atteinte en 2012, du point d'achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE). L'accomplissement de cet objectif devrait leur ouvrir la voie d'une diminution importante du stock de la dette multilatérale, dans le cadre de l'Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM). Cet allégement permettra de ramener le ratio dette/exportations au niveau soutenable de 150% (contre 349% en valeur actualisée en 2011) (BAD).

L'annulation de la dette devrait par ailleurs atténuer la pression sur le budget et permettre à partir de 2013, une réaffectation des dépenses vers l’investissement public et les secteurs sociaux, afin de progresser sur la voie des OMD, de créer les bases d’une croissance inclusive et de lutter contre le chômage, particulièrement le chômage des jeunes qui touche près d'un jeune en âge de travailler sur deux.

Des progrès fulgurants ont été aussi enregistrés dans le domaine des technologies de l’information et de la communication avec notamment, une pénétration rapide de la téléphonie mobile (115.000 usagers en 2009 contre 17.500 usagers en 2007) et  la liaison au continent avec le câble en fibre optique à haut débit et large bande (EASSY) en  2010, selon le dernier rapport national sur les OMD.

 

D’autres succès ont été également enregistrés dans le domaine de la gouvernance avec entre autres, la modernisation et la sécurisation du fichier électoral. En effet, la confection et la distribution des cartes d'électeurs biométriques aux acteurs comoriens marquera un tournant dans l'émergence d'une culture de gestion transparente des processus électoraux en Union des Comores.

 

Histoire de l'Union des Comores

 Medina de Moroni, Ngazidja

L’archipel des sultans batailleurs 

 

Au début du XIIè siècle, les premiers habitants des Comores sont venus de la côte africaine : des représentants de la civilisation swahilie. Ces premiers habitants ont mis en place une organisation politique et sociale proprement africaine. Les villages étaient régis par les doyens qu’étaient les chefs des familles les plus influentes ou les chefs de villages.

 

Avec l’arrivée des arabes chiraziens, s’est mis en place le système des sultanats. Un système qui se superposait au système swahili dont la civilisation, quelle que fut sa puissance, n’a jamais créé un Empire centralisé, mais est restée un ensemble de cités-Etats. Ainsi, en Grande Comore, existeront plusieurs sultanats dirigés par différents sultans qui accordaient une importance honorifique à l’un d’entre eux, le sultan Tibé.

 

A Anjouan, trois lignages royaux implantés dans les trois principales villes (Mutsamudu, Ouani et Domoni) se partageaient le pouvoir. Des rivalités entre ces monarques donnaient lieu à de fréquentes expéditions militaires d’une contrée contre l’autre, à tel point que les Comores étaient connues dans la région comme l’« archipel des sultans batailleurs ».

 

De la colonie à l’indépendance

 

Au XVe, les portugais sont les premiers européens à arriver aux Comores, mais ils n’y restèrent pas. Devenues un point de relâche, pillées par des pirates malgaches, les Comores deviennent un protectorat en 1886, puis une colonie française en 1912. Elles obtiennent l'autonomie interne en 1961. Le 6 juillet 1975, elles proclament l'indépendance unilatérale de l'archipel.

 

Le sécessionnisme

 

Depuis la proclamation de l’indépendance, les Comores ont vécu une vingtaine de coups d’Etat ou tentatives de coups d’Etat, et diverses crises indépendantistes. La sécession d’Anjouan en 1997 débouchera en 2001 sur les « Accords de Fomboni » et l’adoption d’une nouvelle Constitution qui prévoit une présidence tournante entre les îles. Ce système est accepté mais ne parvient pas à éradiquer les tensions entre les îles. L’intervention de l’Union africaine à Anjouan en 2008 a été nécessaire afin de préserver l’unité du pays.